Origines de la naturopathie

Origines lointaines

Je pense qu’il est difficile de donner de manière précise les origines de la naturopathie. En effet, elle a des racines communes avec la médecine basée sur le diagnostic et le traitement chimique. D’ailleurs, je serais tenté de dire que tous les médecins d’avant l’ère de l’industrialisation pharmaceutique étaient des naturopathes. Ils n’avaient pour seul outil leurs sens et pour médicaments les plantes. Et leur principale mission était le conseil.

Hippocrate, philosophe grec pourtant considéré comme le père de la médecine (avec le fameux serment qui porte son nom) énonçait lui-même un des grands principes qui constitue encore aujourd’hui une des pierres angulaires de la naturopathie :

« En toute chose, il faut suivre la nature »

L’écoute des besoins naturels du corps constituait la technique la plus populaire en matière de soins.

Origines contemporaines

La naturopathie telle que nous la définissons aujourd’hui trouve sa source dans une volonté de trouver des solutions non chimiques face à une maladie. Elle s’inspire des idées de personnalités issues du monde médical tels que, John Steel, Bénédict Lust ou Florence Nightingale. Ils créèrent un mouvement « hygiéniste » où le soin passait par l’utilisation des plantes, de l’eau, d’exercices physiques et respiratoires. Mais aussi par une alimentation consciente et de qualité.

La naturopathie est centrée autour de 5 axes

Comme la médecine chinoise ou ayurvéda d’origine indienne, la naturopathie est une médecine naturelle. Son objectif principal est de rechercher de manière profonde les causes de la perte de la santé. J’ai tendance  à dire qu’il pratique une macro-médecine. Elle s’attache moins aux détails microscopiques qu’aux grandes lois globales qui gouvernent notre organisme.

Le vitalisme

Cette notion est le centre de nombreuses médecines traditionnelles et peut prendre différentes appellations. En Chine, on l’appelle Qi, par exemple. Le vitalisme se définie comme la capacité qu’à notre organisme à  venir à bout de toutes maladies ou blessures.

L’objectif d’un naturopathe est de stimuler la circulation de la force vitale. Cette force précède le phénomène d’homéostasie. L’homéostasie est la capacité de l’organisme maintenir les constantes vitales à un point d’équilibre : température, tension, rythme cardiaque, etc. Ce phénomène est bien connu des médecins et des biologistes, même si son mécanisme restent encore flous.

Ce vitalisme permet donc la guérison, en dehors de tout traitement extérieur. Seuls certains cas, dont la gravité serait lié à un terrain immunitaire dégradé (par la fatigue, le stress, l’alcool, la cigarette,…) doivent une partie de leur guérison à l’apport d’une molécule extérieur, telles que les antibiotiques.

L’holisme

C’est une notion clé que  l’on retrouve aussi dans beaucoup de médecines traditionnelles ou complémentaires (médecine chinoise, chiropraxie, ostéopathie,…).  L’holisme indique que nous considérons la pathologie  comme étant une partie d’un ensemble.

Cet ensemble comprend, le psyché de la personne et son environnement. Par exemple, pour traiter des problèmes de peau, un naturopathe ne s’attardera pas sur les symptômes. Il cherchera aussi à déceler si un autre organe ne souffre pas. Dans cet exemple, il pourrait typiquement s’agir d’un problème de foie.

Le causalisme

Cette notion va de pair avec l’holisme dans la mesure où une étiologie (étude des causes) de la maladie sera  recherchée de manière globale. Le but est par conséquent de trouver la cause d’un dysfonctionnement en abandonnant la simple démarche « symptomatique ». Ainsi, une allergie peut être dû à un foie congestionné ou encore liée à une grande porosité intestinale.

L’humorisme

La médecine humorale était celle qui prévalait encore au début du XXème siècle et était chère à Claude Bernard. On appelle humeur, les liquides du corps humain : sang, urine, cytoplasme, lymphe, liquide interstitiel. Presque totalement abandonnée par la médecine conventionnelle, elle permet au naturopathe d’évaluer l’état de l’organisme via l’analyse de son dynamisme (circulation et élimination). On peut travailler sur la qualité des humeurs en drainant et en hydratant dans le cadre de cure. Cela permet de détoxiner les différents systèmes et en optimise leurs fonctionnements.

L’hygiénisme en naturopathie

Enfin, et non des moindres, le concept d’hygiénisme. Il vise à redonner toute la responsabilité de la santé au patient. Le naturopathe, en bon éducateur de santé, va enseigner une sorte d’art de vivre destiné à optimiser le fonctionnement de notre organisme à tous les niveaux. L’hygiénisme peut se diviser en quatre domaines.

L’hygiénisme physique

C’est la nécessité de maintenir de manière régulière une activité physique et sportive. En évitant tout excès, il est important de solliciter les systèmes musculaires et cardiovasculaires très régulièrement.

Le sport permet de stimuler le circuit lymphatique. Il permet ainsi un bon fonctionnement de notre système immunitaire. Il vaut mieux une activité physique régulière peu intense qu’une activité intense ponctuelle. Les choix sont multiples : course à pied, tennis, fitness, etc. La randonnée peut être également un excellent moyen de développer ses capacités physique et de se maintenir en forme (voir mon article dessus).

L’hygiénisme alimentaire.

Il consiste à veiller à la qualité des produits que l’on ingère. Évidemment biologique (et si possible local), ils doivent être également de saison. La quantité absorbée doit être également prise en considération. On devrait par exemple, terminer les repas sans avoir le sentiment d’une satiété pleine.

Le mode de cuisson, d’absorption (jus), le nombre et la fréquence des repas doivent faire l’objet de toute notre attention. Ainsi, Bernard Clavière dans son livre « Et si on arrêtait un peu de manger… de temps en temps », préconise d’attendre 16h entre le dernier repas et le suivant. Selon lui, cela permettrait d’avoir une digestion complète. Pour ma part, je m’efforce de respecter ce délai et je dois avouer que cela me permet d’être plus en forme.

L’hygiénisme psycho-émotionnel

Enfin, l’hygiénisme psycho-émotionnel vise à maintenir un état d’esprit positif et détendu. Comme nous l’avons dans l’article concernant le mal de dos, ils peuvent entraîner des Syndromes de Tensions Musculaires (STM). Ces derniers peuvent entraîner diverses pathologies musculo-articulaires altérant la santé globale du patient.

L’hygiénisme psycho-émotionnel réside dans une vie sociale saine. Elle utilise des outils, telle que la méditation, la pleine conscience et la cohérence cardiaque. Mais aussi toutes les thérapies cognitives visant au bien-être.

L’hygiénisme émonctoriel

L’objectif est de maintenir la capacité d’élimination optimale de nos émonctoires, qui sont les poumons, la peau, les reins, le foie et le gros intestin. Cela permet d’éviter le phénomène d’encrassage qui peut entraîner à termes différents dysfonctionnements.

Conclusion

La naturopathie n’est finalement pas si évidente que ça à définir. C’était il n’y a pas si longtemps le rôle des médecins. Le risque est de confondre les deux professions. Pourtant, elles sont  complémentaires. Au risque de faire débat, si on consacrait dans les études médicales une partie du temps pour revoir la base de ce qu’est le soin, alors la profession de naturopathe n’aurait probablement plus lieu d’être.

J’irai même plus loin : si les médecins prônaient la prévention réelle des pathologies et utilisaient le pouvoir des plantes en responsabilisant les patients, peut-être même que les cabinets seraient moins encombrés, voire même désertés… Pour autant, la médecine d’urgence reste une avancée majeure dans le domaine du soin et soyons honnête, on sauve aujourd’hui des vies qu’on ne sauvait pas avant. En revanche, admettons que la médecine actuelle, en oubliant les bases simple d’une bonne santé et en cédant aux sirènes de l’industrie pharmaceutique, a créé, dans le cadre des maladies dites « de civilisations » en particulier, plus de mal que de bien.

Tchuss à tous !