J’ai découvert le Travail de Byron Katie dans des réseaux de développement personnel, à travers un de ses livres, Aimer ce qui est. S’il m’a déjà beaucoup apporté à l’époque, c’est en le relisant récemment, deux ans après, que j’en ai perçu encore plus la puissance.

Le Travail est une méthode pour mettre fin à la souffrance mentale. Tout un programme ! On peut visionner des tonnes et des tonnes de vidéos sur la chaîne YouTube de Byron Katie où l’on voit des personnes, répondant aux questions de Byron Katie, s’effondrer en larmes au moment où leurs plus profondes convictions, qui les mettaient en mouvement depuis si longtemps, se dissolvent, comme un carcan qui se desserre, une vanne qui s’ouvre, un mur qui tombe, laissant apparaître d’autres vérités, qui étaient elles aussi logées au fond d’eux, mais qu’ils n’étaient pas en mesure de percevoir.

Une inversion de pensées, un renversement, si soudain et si éclairant que Byron Katie utilise l’expression d’acte chirurgical.

Une méthode simple pour investiguer nos pensées stressantes

Le plus impressionnant dans tout ça, est que la méthode est simple, et que si l’écoute, la bienveillance, et l’expérience de Byron Katie ne peuvent qu’améliorer son efficacité, elle est en vérité réalisable chez soi, seul. Il suffit d’un stylo et d’une feuille de papier. Car les pensées doivent être couchées sur le papier, immobilisées, visibles, pour pouvoir Travailler sur elles, procéder à l’acte chirurgical qui va vérifier leur véracité, investiguer leur sens profond.

Exemples de pensées stressantes :

  • Je suis en colère contre ma mère car elle n’accepte pas qui je suis.
  • Je suis effrayé car je ne sais pas quelle décision prendre.
  • J’en veux à mon colocataire car il ne m’aide pas dans les tâches quotidiennes.
  • Je suis triste car mon compagnon ne m’aime pas autant que je l’aime.
  • Je suis déçu car mes amis ne me soutiennent pas.
  • J’en ai marre de mes collègues qui sont des incompétents.
  • J’en veux à mon père car il n’aurait pas dû nous quitter.
  • Je suis triste car mes enfants ne se confient pas à moi.

Pouvez-vous identifier en vous, certaines affirmations de ce type, qui viennent vous rendre visite à l’occasion ? Pouvez-vous ressentir le stress et la souffrance qu’elles provoquent en vous ? Remarquez-vous comment vous agissez, comment vous vous comportez avec autrui, lorsque vous vous dîtes ces choses mentalement ? Pouvez-vous imaginer qui vous seriez sans ces pensées ?

Si c’est le cas, et si vous souhaiteriez pouvoir être plus serein, plus en paix avec vous-même et avec votre entourage, alors bienvenue au Travail ! Prenez un stylo et une feuille de papier.

Identifier vos jugements stressants

Il y a plusieurs façons d’extirper de votre esprit ces pensées toxiques. Ce que je trouve le plus simple, et ce que Byron Katie recommande, c’est d’utiliser le questionnaire “Jugez votre prochain”. Juger mon prochain ? Mais c’est mal ! C’est mal, sans doute, puisqu’on nous l’a toujours dit, mais la question n’est pas là. La question est : ne le faîtes-vous pas ? Et surtout : osez-vous vous l’avouer à vous-même ? (puisqu’il n’est pas question à ce moment précis de le partager avec quelqu’un d’autre que vous).

Observer ses pensées

Si vous avez eu l’occasion de pratiquer la pleine conscience, c’est-à-dire de vous observer penser, dans le bus, sous la douche, dans la queue du supermarché, vous avez sans doute choppé au passage quelques jugements bien cruels sur votre entourage. Bien sûr, si vous êtes quelqu’un de bien, ce que je ne doute pas que vous êtes puisque vous êtes en train de lire un super blog, vous vous êtes dépêché de réprimer ce jugement, vous l’avez vite caché sous le tapis.

Et si l’on vous disait que vous avez le droit de porter ce jugement ? Que c’est même la clé de votre bonheur, puisque ce jugement est la ressource qui va vous permettre de mener le Travail de Katie Byron, l’acte chirurgical qui vous emmènera à la rencontre de votre liberté ?

Il est alors urgent de repartir à la quête de ces jugements intempestifs, et de les coucher sur le papier dès que vous le pouvez. Est-ce à propos d’une personne à qui vous n’avez pas complètement pardonné ? D’un collègue que vous ne pouvez pas sentir ? D’un proche devant qui, malgré tout votre amour, vous ne pouvez pas vous empêcher de vous irriter ?

Appliquer le questionnaire

Lorsque vous avez trouvé votre bourreau, la personne qui vous fait ressentir ces sentiments désagréables, prenez votre stylo, votre feuille de papier, et répondez au questionnaire ci-dessous.

Il s’agit d’être cru. Nous avons besoin ici d’accusations courtes, simples, directes. Pas question d’y aller par quatre chemins, de tourner autour du pot, ou de prendre des pincettes. Il ne s’agit pas de faire du mal à la personne – tout en sachant que si l’idée de lui faire du mal ne vous gêne pas, lancez-vous à cœur joie dans l’exercice, ce sera d’autant plus efficace ! – mais si cette idée vous embarrasse, ne vous inquiétez pas : il est important que vous soyez le plus cru possible dans vos jugements, car c’est ainsi que vous pourrez obtenir la meilleure efficacité. Autorisez-vous cela afin de vous libérer et, par là-même, de faire du bien à votre entourage. Si vous avez la conviction que vos jugements font souffrir la personne en question, et que cela vous culpabilise, vous lui devez bien ça : donnez vous à fond, et travaillez là-dessus pour de bon !

Le questionnaire “Jugez votre prochain”

Voici le questionnaire :

1. Qui vous met en colère, vous attriste ou vous déçoit ? Qu’est-ce qui vous déplaît chez cette personne ?

Écrivez et complétez : “Je suis fâchée contre X, parce qu’il/elle…

2. Que voulez-vous que cette personne change en elle ? Que voulez-vous qu’elle fasse ?

“Je veux que X…”

3. Qu’est-ce que cette personne devrait faire ou ne pas faire ? Comment devrait-elle être ? Que devrait-elle penser, ressentir ?

“X ne devrait pas…”

4. Avez-vous besoin de quelque chose de la part de cette personne ? Que faut-il qu’elle vous donne ou fasse pour faire votre bonheur ?

“J’ai besoin que …”

5. Quelle est votre opinion sur cette personne ? Dressez une liste. Rappelez-vous : soyez cru, tranchant, direct !

“X est…, … et ….”

6. Qu’est-ce que vous ne voulez plus jamais revivre avec cette personne ?

“Je ne veux plus jamais vivre…”

Ok. Relisez ce que vous avez écrit. Y êtes-vous ? Avez-vous été aussi direct que vous le pouviez ?

Alors, c’est le moment de passer aux questions.

Investiguez vos pensées stressantes

Le Travail est composé de quatre questions, suivies de l’inversion. Il est important de suivre cet ordre au début, mais très vite vous pourrez passer des étapes, poser les questions dans le désordre, voire aller directement à l’inversion, qui est le processus le plus libérateur. Pour l’instant, suivez l’ordre ci-dessous.

Pour chacune des affirmations que vous avez écrites sur le papier, en commençant par la réponse à la question 1 : relisez l’affirmation, puis posez-vous les questions suivantes :

1. Est-ce que c’est vrai ?

2. Êtes-vous absolument certain que c’est vrai ?

3. Quelle réaction suscite en vous cette pensée ? Comment vous comportez-vous envers autrui quand vous avez cette pensée ? Quelles images du futur et du passé défilent dans votre esprit ?

4. Qui seriez-vous sans cette pensée ?

Inversez l’affirmation. Il existe plusieurs formes d’inversion, testez-les toutes et voyez si elles ne résonnent pas en vous. Changez la négation en affirmation, et vice-versa, (« Elle ne m’accepte pas » devient : « Elle m’accepte ») ; changez le nom de la personne par le vôtre (« Je ne l’accepte pas ») ; retournez la phrase vers vous (« Je ne m’accepte pas »).

Si une phrase ainsi inversée vous paraît également vraie, listez les preuves qui corroborent cette nouvelle affirmation. Réalisez comment ce que vous pensiez pourrait très bien se révéler être une façon de vous protégez, de faire vivre cette autre affirmation, tout en la cachant à vos yeux.

Les principes du Travail de Byron Katie

Le Travail de Byron Katie, appliqué à toutes ces pensées qui nous occasionnent du stress, est une manière très simple d’appliquer dans notre vie ces quelques principes :

Débusque la pensée qui sous-tend la souffrance

Derrière chaque sensation désagréable se cache une pensée qui n’est pas vraie pour nous. C’est un signal d’alarme nous avertissant que nous nous empêtrons dans un rêve. Au lieu de courir vers le frigo ou le placard à chocolats pour faire taire cette angoisse naissante (chacun ses techniques…), attrapons notre stylo et au Travail !

Ne te bats pas avec la réalité

Nous ne souffrons que lorsque nous adhérons à une pensée qui est en conflit avec la situation telle qu’elle est. Lorsque notre esprit est parfaitement clair, ce qui est correspond à ce que nous désirons.

La situation qui, d’après nous, ne devait pas se produire devait se produire, puisqu’elle s’est produite. Ce qui est vrai, c’est toujours ce qui se passe et non le scénario de ce qui devrait se passer. Aucune pensée au monde n’y changera quoi que ce soit. Car la réalité n’attend pas notre opinion, notre accord ou notre permission. Elle persiste à être ce qu’elle est et à faire ce qu’elle fait, que cela nous plaise ou non. Cela ne signifie pas que nous devons l’approuver. Cela signifie simplement qu’il est possible de percevoir les faits sans résistance et sans la confusion découlant de notre lutte intérieure.

Si nous cessons de nous opposer à la réalité, alors l’action devient simple, fluide, bienfaisante et intrépide.

Tiens t’en à tes affaires

Il n’y a que trois types d’affaires dans l’univers : les miennes, les vôtres, et celles de Dieu. (Pour ceux et celles qui ne seraient pas familiers ou à l’aise avec l’idée de Dieu, vous pouvez la remplacer par la nature, le monde, la réalité. Dieu, au sens de Katie Byron, n’est qu’un autre terme pour désigner ce qui est. L’intention de Dieu est ce qui survient à l’instant.)

Une grande partie de notre stress découle du fait de vivre mentalement hors de nos affaires. Quand je pense : « Tu as besoin d’un travail, tu devrais mieux t’occuper de toi », je me mêle de tes affaires. Quand je me tracasse au sujet de tremblements de terre, de la guerre ou de ma mort, je me mêle des affaires de Dieu. Est-ce que me tracasser pour cela va y changer quoi que ce soit ?

Croire que je sais ce qui vaut mieux pour quiconque, même au nom de l’amour, ce n’est que pure arrogance, et cela entraîne tension, anxiété et peur. De plus, l’affirmer ne change en rien le comportement des autres, au contraire, cela tend souvent à le renforcer.

Quand je me mêle des affaires des autres, je me dissocie de moi-même, je ne vis plus ma vie. Est-ce que je sais ce qui me convient ? Voilà où commencent et où finissent mes affaires.

Aborde tes pensées avec indulgence

Ce ne sont pas nos pensées qui nous font souffrir, mais notre attachement à celles-ci. S’attacher à une pensée équivaut à la tenir pour vraie sans l’avoir examinée.

Les pensées ne font qu’apparaître. Elles surgissent du néant et y retournent. Par elles-mêmes, elle n’ont aucun pouvoir jusqu’à ce que nous nous y attachions comme si elles étaient vraies.

Nous ne pouvons pas nous défaire de nos pensées car nous ne les avons pas fabriquées en premier lieu. Nous ne pouvons pas nous en défaire, mais nous pouvons les aborder avec compréhension. Alors, c’est elles qui renoncent à nous. Et nous pouvons retourner à la réalité et à notre vraie nature.

Bon Travail !

Vous trouverez toutes les ressources pour réaliser le Travail (traduites en français) sur le site de Byron Katie thework.com et sur sa chaîne Youtube.