Pourquoi parler de couple dans un blog sur la santé ? Parce qu’optimiser votre relation de couple peut vous permettre d’économiser une grande quantité d’énergie et de réduire votre stress au quotidien. Deux facteurs qui pourraient bien améliorer votre santé.

Qu’est-ce qu’une relation de couple optimale ? Serait-ce lorsque chacun des deux partenaires tire le meilleur de l’autre ? Lorsqu’on peut être pleinement soi-même, sans masque, sans effort inutile, sans crispation, à côté de l’autre ? Lorsqu’on peut ouvrir son cœur, exprimer sa vulnérabilité, partager librement ses craintes et ses besoins ?

Pensez-vous aujourd’hui tirer le meilleur de votre partenaire, ou trouvez-vous qu’il pourrait souvent mieux faire ? Réciproquement, êtes-vous la meilleure version de vous-même à ses côtés ? Ou éprouvez-vous parfois du ressentiment envers lui ? Une envie de le punir par une bouderie, une remarque désobligeante ou en l’ignorant ? Vous arrive-t-il de vous mettre en compétition avec lui et de ne pas vous réjouir de certaines de ses réussites ?

Cet article vise à expliquer les raisons de ces ressentiments et à vous proposer des pistes pour pacifier votre relation de couple. Faites de votre couple le moteur de votre puissance, et votre puissance le moteur de votre couple.

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Témoignage personnel

J’ai toujours ressenti une grande admiration pour mon partenaire, et de la gratitude pour tout ce qu’il m’a appris et permis de comprendre. Malgré cela, j’ai accumulé au cours de notre relation un fond d’inquiétude, de colère et de ressentiment que j’étais bien en peine de justifier. Cela s’exprimait sans crier gare par des accès d’agressivité ou, plus sourdement, par une certaine retenue dans les gestes d’affection, les compliments, et un manque de lâcher-prise.

J’ai longtemps pensé que pour être en paix dans mon couple, je devais être en paix avec moi-même. Cela semble un prérequis essentiel. Avant de partager sa vulnérabilité, il faut déjà pouvoir en être conscient soi-même et l’accepter. Connaître certaines clés de mon fonctionnement m’a permis de mieux comprendre certaines de mes réactions et de pouvoir agir plus consciemment dans mon couple : les fluctuations d’humeur liées au cycle féminin (voir un prochain article), les mécanismes de défense de mon ego (idem), ou encore les blessures vécues à des moments-clés de la construction de ma féminité (découvertes lors de la merveilleuse formation Isha sur le féminin). D’après l’approche Imago, le couple est l’endroit idéal pour travailler sur ces blessures, que le partenaire vient sans cesse réactiver.

Mais ce cheminement n’a pas supprimé ma colère résiduelle. Récemment, une lecture a été pour moi une véritable illumination, en me permettant de comprendre l’origine de ce sentiment. Il s’est alors immédiatement estompé, comme par enchantement. Cela a été un véritable soulagement, qui était même visible sur les traits de mon visage, d’après mon partenaire. Le conte de fées s’arrête là car, évidemment, la colère et la crispation sont revenues, progressivement et par à coup. Mais il m’est maintenant facile d’identifier leur source. Mieux encore, cette compréhension apaise non seulement ma relation à mon partenaire, mais également aux autres hommes de mon entourage, père, enfants, et même mes chats mâles !

Réveiller la Reine qui est en vous

La lecture en question est le livre d’Alison Armstrong, intitulé en anglais The Queen’s Code, soit le Code de conduite de la Reine. Je n’ai pas trouvé de traduction française de ce livre. Mais, pour ceux qui comprennent l’anglais, vous pourrez le trouver en ebook gratuit sur ce lien. Pour la petite histoire, Tony Robbins, le célèbre coach américain, s’appuie sur les idées d’Alison Armstrong lorsqu’il fait référence aux relations de couple.

Les idées qu’exposent brillamment Alison dans son livre sont à la fois simples et très difficiles à intégrer. En effet, elles se situent à l’opposé de ce que la société nous amène aujourd’hui à penser. L’objectif est bien d’apporter à la femme plus de bien-être, de joie et de puissance. De faire d’elle une Reine ! Mais alors qu’on nous propose aujourd’hui de le faire en opposition à l’homme, Alison explique comme le faire en partenariat avec lui.

Cet article vise à synthétiser ces précieuses idées afin de les garder en mémoire. Il n’a pas la prétention de remplacer la lecture de The Queen’s Code, qui les développe avec beaucoup de pédagogie. Je vous recommande donc vivement la lecture de ce livre.

J’écris cet article en temps que femme, pour les femmes, toutefois il devrait pouvoir également intéresser les hommes.

Pourquoi les femmes sont-elles insatisfaites en couple ?

Voyons dans un premier temps les raisons de l’insatisfaction que les femmes peuvent ressentir en couple.

Nous nourrissons généralement de la colère, de la frustration et du ressentiment contre les hommes, en considérant qu’ils devraient agir comme des femmes. Lorsqu’ils n’agissent pas comme nous l’aurions fait à leur place, nous pensons qu’ils agissent mal, que ce soit à dessein ou par négligence. Par conséquent, nous sommes portées à vouloir les punir pour ce mauvais comportement.

Nous avons également tendance à penser qu’ils n’agissent pas comme nous le voudrions car ils ne nous aiment pas assez. Et pourquoi ne nous aimeraient-ils pas assez ? Car nous ne sommes pas suffisamment parfaites, pardi ! Nous allons alors déployer une grande quantité d’énergie, en vain, à devenir aussi parfaites que nécessaire.

En considérant les hommes comme des femmes, nous nous plaçons naturellement en compétition avec eux. Nous en faisons donc, consciemment ou non, nos adversaires.

Nous voyons alors tout signe de puissance de leur part comme une menace à notre propre puissance. Tous les moyens sont bons pour réduire la puissance de l’homme, dans le but de nous sentir en sécurité. La société nous pousse à cette « émasculation », en considérant un homme puissant comme un machiste dangereux. Mais cela n’est pas sans conséquence.

Par l’émasculation, nous pouvons transformer un homme puissant, héroïque, généreux et protecteur, en une bête rageuse ou une totale mauviette. Cet homme émasculé ne trouvera pourtant jamais grâce à nos yeux. Il ne nous apportera jamais la sécurité et l’attention que nous recherchons.

De plus, avec cet état d’esprit, nous dépensons une énergie considérable à tester, juger et punir notre partenaire. Nous faisons également beaucoup d’efforts pour nous perfectionner, en craignant qu’il ne nous aime plus. Cette dépense vaine d’énergie conduit au stress et à l’épuisement, dans lesquels nous perdons l’essence même de notre féminité. Or, cette féminité est notre source d’énergie, mais aussi, fait remarquable, celle de notre conjoint.

Ce comportement est donc un cercle vicieux. Il crée dans le couple de la distance, de la méfiance et du dédain, là où on devrait trouver de l’intimité, du respect et de la confiance.

Comprendre les hommes

Alison Armstrong, par sa connaissance longuement acquise des hommes, s’est attelée à modéliser leur mode de fonctionnement. La connaissance de ce mode de fonctionnement est un trésor pour la femme. Elle lui permet en effet de tirer le meilleur de son partenaire, d’elle-même, et de son couple.

D’après Alison, et j’ai pu le tester sur moi, les effets sont immédiats : une plus grande sérénité, une plus grande énergie, qui se manifeste jusque dans les traits du visage, qui s’adoucissent. C’est comme découvrir que le plus beau cadeau de votre vie était à côté de vous depuis le début, et que vous pouvez enfin le déballer. Je n’ose imaginer les effets sur le corps et la santé, à long terme, de ce changement de paradigme.

Quelle est cette connaissance de l’homme que Alison Armstrong a rassemblé pour nous ?

Tout simplement, qu’il existe toujours une bonne raison pour l’homme d’agir comme il le fait. Comprendre ces raisons permet de le laisser agir comme il est poussé naturellement à le faire, plutôt qu’à le brimer et le punir. Si l’homme peut agir selon son élan naturel, il développe alors sa puissance. Est-ce un danger pour la femme ? Sauf cas pathologique, non ! Car il dédiera naturellement cette puissance à apporter à sa partenaire ce dont elle a besoin, afin de la rendre heureuse. Toutefois, si l’homme ne peut pas agir selon cet élan naturel, il va s’opposer violemment à ce qui fait obstacle à ses besoins, et en premier lieu, sa compagne.

Les différences entre l’homme et la femme

Passer en revue les différences entre les hommes et les femmes n’est pas à la mode à notre époque. Toutefois, dans ce blog qui vise à comprendre le fonctionnement naturel du corps afin de lui rendre toute sa puissance d’agir, nous ne nous encombrerons pas d’idéologies.

Nous nous pencherons comme d’habitude sur ce que nous pouvons savoir du corps humain, par les données scientifiques, l’auto-observation, mais aussi la connaissance des centaines de milliers d’années qui ont précédé notre époque moderne. Pourquoi revenir sur cette période ancestrale ? Parce que notre époque moderne est particulièrement riche en bouleversements à la fois matériels et idéologiques, qui nous poussent souvent hors de notre fonctionnement naturel. Or, nos besoins profonds ont, eux, peu évolué au cours de l’histoire humaine. C’est l’idée derrière le retour au jeûne, à l’exposition au froid et au soleil, au régime alimentaire dit ancestral ou paléo. Se pourrait-il que ce regard en arrière soit également fécond en matière de relations hommes-femmes ? L’idée peut faire frémir, tant le conservatisme en la matière est décrié aujourd’hui.

Prenons une grande inspiration, et risquons-nous à nous plonger dans ce que nous pouvons deviner de notre nature profonde.

Des différences hormonales

La femme et l’homme produisent des hormones différentes. Ces hormones, dites sexuelles, ont des effet considérables et multiples, sûrement encore largement méconnus, sur le fonctionnement du cerveau et de tous les autres organes. Les femmes et les hommes produisent tous une certaine quantité d’hormones masculines et d’hormones féminines. On peut alors trouver des hommes et des femmes plus ou moins masculin(e)s, et plus ou moins féminin(e)s. Toutefois, les ordres de grandeur de cette production sont tout à fait différents. Les hommes produisent plus de testostérone, au sein de leurs testicules. Les femmes produisent plus d’œstrogènes, au sein de leurs ovaires. Ces hormones produisent dans le cerveau des comportements et des états d’esprit très différents, comme nous allons le voir.

Les femmes peuvent être amenées, dans la vie professionnelle actuelle, à adopter un comportement masculin. En effet, le monde du travail est aujourd’hui généralement calqué sur l’état d’esprit masculin. Les femmes sont alors capables d’accomplir un ensemble de tâches de la même manière qu’un homme. Mais comme elles ne possèdent pas suffisamment de testostérone, cela leur demande beaucoup d’énergie. Elles produirons alors l’hormone du stress, le cortisol. Cela ne veut pas dire qu’il y a des tâches ou des métiers que les femmes ne devraient pas faire. Mais il est intéressant de prendre conscience de l’impact que ce comportement a sur nous. Ainsi, nous pourrions faire attention à prendre particulièrement soin de nous, lorsque nous sommes amenées à nous comporter de manière masculine. Il serait également intéressant de développer une manière féminine de réaliser toutes ces activités.

Que pouvons-nous deviner des comportements masculin et féminin ? Rappelons qu’il s’agit de grandes généralités. Il existe bien sûr des nuances et des exceptions. Toutefois, je suis prête à parier que vous reconnaîtrez facilement la plupart de ces traits de caractères dans votre couple.

Comportement de type féminin

Pendant des centaines de milliers d’années, les femmes ont réalisé des activités de cueillette. Dans un environnement riche, varié et changeant, elles devaient repérer un grand nombre de détails et réaliser des tâches minutieuses – cueillir, trier, décortiquer. Les femmes ont ainsi développé une conscience diffuse de leur environnement. Tous les éléments de leur environnement attirent leur attention, sans cesse : l’état d’esprit des personnes autour d’elles, les chaussettes qui traînent, la vaisselle qui s’accumule. Toutes les tâches valent donc la peine d’être faites pour réduire ce désordre ambiant.

A chaque retour au village après la cueillette, les femmes devaient restituer une grande quantité d’information. Elles ont donc développé la capacité à écouter avec attention et à retenir les détails. Répéter l’information est une insulte à leur intelligence.

On peut imaginer que la moindre erreur pouvait être fatale pour elles et pour les autres, en menant à la consommation d’éléments non comestibles ou en privant la communauté de ressources rares. Les femmes sont donc motivées par la perfection, et la moindre critique leur fera modifier leur comportement pour éviter de futurs reproches.

Une autre caractéristique du comportement féminin est la tendance à repousser au plus tard la satisfaction de leurs besoins. Les femmes ont une capacité naturelle à s’adapter aux autres. Elles sont capables d’oublier leurs besoins, jusqu’à oublier qui elles sont, ce qu’elles veulent, pour s’adapter à leur entourage. Est-ce lié à l’instinct maternel, qui efface ses besoins au profit de ceux de ses enfants ? Ou à l’instinct de survie face à des hommes plus forts physiquement ?

Du fait de sa moindre force physique, la femme avait besoin de connexion avec les autres pour se sentir en sécurité. Ainsi, pour éviter la jalousie de ses compères féminines et la contrariété des hommes, elle saura user de stratagèmes : communiquer de manière diplomatique, faire preuve de fausse modestie, de flatterie, lire entre les lignes, faire des propositions polies tout en espérant qu’elles soient refusées, etc. Tout désaccord avec les autres semble dangereux, car il menace la connexion aux autres et ainsi, la sécurité. Même si ce n’est pas toujours facile à admettre, la femme est généralement attirée par des hommes représentant pour elle la sécurité, que ce soit par la force physique, l’argent ou le pouvoir.

Comportement de type masculin

Tandis que les femmes étaient en charge de la cueillette, les hommes partaient à la chasse. Ils prenaient des risques considérables pour apporter de la viande à leur communauté. Parmi les caractéristiques du comportement masculin, on trouve le sentiment de responsabilité. Les hommes sont responsables des résultats de leur action, et font preuve d’une extrême concentration pour atteindre ces résultats. Ils concentrent leur attention, non sur un ensemble diffus d’objets, mais sur un objectif unique. C’est pourquoi ils supportent mal l’interruption, et ignorent souvent ce qu’il y a autour d’eux lorsqu’ils sont concentrés. Ils ont également besoin de calme et de solitude lors des phases de transition entre deux activités.

Lorsqu’ils sont concentrés sur une tâche, les hommes peuvent en arriver même à oublier de satisfaire leurs besoins vitaux, comme se nourrir ou aller aux toilettes. Quand ils se rendent compte de leurs besoins, ils sont souvent arrivés à l’extrême limite de ce qu’ils peuvent supporter. Leurs besoins sont alors critiques et urgents. Ils doivent obtenir immédiatement ce dont ils ont besoin, ce qui peut les faire passer pour égoïstes. D’où le fait par exemple, qu’ils mangeront la première chose qu’ils trouveront dans le frigo alors qu’il est bientôt l’heure de dîner…

Les hommes aiment résoudre les problèmes et répondre aux besoins des autres, notamment des femmes. Ils se préoccupent de l’impact de leurs actions, de ce qu’elles apportent aux autres. Ils ont besoin d’être remerciés et appréciés pour cela. Ainsi, ils ne font pas quelque chose parce qu’il faut le faire, mais parce que cela aura un impact important sur les autres.

Les hommes sont soucieux d’économiser leur énergie et trouveront le meilleur compromis, dans leur action, entre un impact fort sur les autres, et une faible dépense d’énergie. Ils sont alors prompts à inventer des techniques permettant de réaliser des tâches avec moins d’effort, pour eux mais aussi pour leur partenaire. On pourrait ainsi considérer que le développement technologique de ces derniers siècles a été réalisé par les hommes pour les femmes… Les hommes, enclins à aider, peuvent aller jusqu’à se mettre en danger ou en stress pour sauver une femme. Toutefois, s’ils considèrent que ce danger aurait pu être anticipé, ce “sauvetage” ne viendra pas sans une leçon de morale !

Par ailleurs, les hommes sont très attachés à leurs opinions. Celles-ci sont le reflet de leurs valeurs et des informations solides qu’ils auront passé du temps à collecter et à vérifier. Au cours de leur vie, ils passent par un ensemble d’étapes au cours desquels ils forgent leurs opinions et leurs valeurs. Le récit de leur expérience leur permet de prouver la valeur de leurs méthodes et d’encourager les autres. Et cela depuis la nuit des temps, où ils racontaient leurs récits de chasse autour du feu. Ces récits fondent leur propre puissance. Ils ne se priveront donc pas de les répéter encore et encore. Pouvoir exprimer sans interruption ses idées est une manière pour l’homme d’exprimer qui il est. Il s’exprime sans détour et de manière sincère, sans arrière-pensée.

Symbiose et complémentarité dans le couple

Ces modes de fonctionnement différents sont source de complémentarité dans le couple, mais aussi de malentendus entre hommes et femmes. Comme le dit Alison Armstrong, toute interaction avec un homme est une opportunité soit de comprendre et d’être comprise, soit d’être contrariée.

Comment la femme peut-elle renforcer cette complémentarité ?

D’après Alison Armstrong, les trois piliers que peut déployer la femme pour tirer le meilleur de son partenaire sont les suivants :

  • la capacité à écouter (avec intérêt, sans interruption et sans jugement),
  • la capacité à recevoir ce que son partenaire lui apporte,
  • l’aptitude à exprimer son appréciation et sa gratitude face à ces apports.

L’exercice de ces compétences permet à l’homme de restituer sa puissance, qu’il utilisera avant tout pour le bien-être de sa partenaire.

De plus, prendre soin d’elle-même et rayonner de bonheur est ce qu’une femme peut faire de mieux pour rendre heureux son partenaire. En effet, ce sera la démonstration qu’il lui a apporté tout ce dont elle avait besoin.

Il n’y a donc aucune contradiction entre sa puissance à lui et sa puissance à elle. Elles sont au contraire liées et complémentaires. Pour simplifier, alors que la force féminine est de comprendre les besoins des autres, la force masculine est d’y répondre. Il existe malheureusement de nombreux freins à cette symbiose.

Les freins à la puissance masculine : l’émasculation

Refuser l’aide et la contribution des hommes

Le principal frein à cette symbiose dans le couple est, de nos jours, le fait que les femmes doutent de leur propre puissance. Peut-être parce que nous avons une idée masculine de la puissance, basée sur la force, le courage et la responsabilité.

Les femmes ont alors tendance à refuser l’aide des autres pour prouver qu’elles sont capables de se débrouiller seules, ou par peur de ne pas la mériter. Apprendre à recevoir l’aide et la contribution des autres est très difficile. Apprendre à la demander, l’est encore plus. Contrairement à ce qu’on peut croire, ce n’est pas un acte de faiblesse, mais de véritable courage. Cela nécessite d’accepter sa propre vulnérabilité, de tomber le masque de l’indépendance et de la perfection, d’oser s’ouvrir aux autres et ainsi de prendre le risque d’être blessé. Accepter l’aide et la contribution est également généreux : c’est offrir l’espace à l’autre d’exprimer sa propre puissance.

La femme est donc réticente à demander de l’aide. Et lorsqu’elle le fait, elle a tendance à demander moins que ce dont elle a besoin. Elle fait un compromis sur ses besoins avant même de les exprimer, consciemment ou non. Dans ce cas, même si l’homme répond à sa demande, elle ne sera qu’à moitié satisfaite. Cela n’est pas motivant pour lui, qui cherche à avoir un impact important sur elle.

Selon Alison Armstrong, les femmes aujourd’hui ont tendance à exiger trop, et à demander trop peu. La différence entre une demande et une exigence, est qu’une demande doit pouvoir être refusée. Elle n’est pas justifiée par un mérite quelconque, mais par un besoin. Par l’exigence au contraire, nous réclamons ce que nous croyons nous être dû, mais que nous n’avons pas osé demander ! On ne peut y répondre que par la résistance ou la soumission. Or, il est beaucoup plus motivant d’offrir à quelqu’un ce dont il a besoin, que de lui rembourser une dette. Les hommes répondront ainsi plus volontiers à une demande qu’à une exigence.

Une autre raison qui peut nous pousser à refuser l’aide ou la contribution d’un homme est que nous pensons que leur proposition n’est pas sincère. Les femmes ont, en effet, tendance à proposer leur aide ou leur contribution pour faire plaisir aux autres et offrir une bonne image d’elles-mêmes, tout en espérant secrètement que la proposition soit refusée. Ce n’est pas le cas des hommes, qui généralement pensent ce qu’ils disent et disent ce qu’ils pensent.

Refuser (sans raison) de recevoir l’aide ou la contribution d’un homme, ou ne pas la solliciter, est ainsi un moyen, souvent inconscient, d’émasculer l’homme, c’est-à-dire de réduire sa puissance.

Ne pas écouter les hommes

Ne pas écouter un homme est un autre moyen de réduire sa puissance. Parce que les hommes attachent plus d’importance à leurs opinions que les femmes (qui ont tendance à avoir facilement une opinion sur tout), ils ont tendance à réfléchir plus longtemps avant de parler. Ainsi, écouter un homme nécessite de lui laisser le temps de réfléchir. Un temps qui sera bien sûr variable d’un homme à l’autre, mais qu’Alison Armstrong évalue à environ 20 secondes. 20 secondes de silence qu’il est nécessaire d’observer après avoir posé une question à un homme, ou après qu’il semble avoir fini de parler. Cette écoute patiente et attentive lui permet de développer pleinement sa réflexion, et de renforcer sa puissance.

Une difficulté dans cette écoute, outre l’impatience, peut être la propension à prendre personnellement ce qui est dit. Savoir écouter avec un certain détachement, dans le but de mieux connaître son interlocuteur et non de défendre son opinion ou son ego, n’est pas toujours naturel ni évident. C’est particulièrement difficile pour les femmes, qui peuvent croire que la relation est en danger lorsque leur interlocuteur n’est pas d’accord avec elles, et qui sont très sensibles à la critique. Alison Armstrong appelle ce talent « écouter pour apprendre ». L’idée est de chercher à identifier ce qui est important pour son interlocuteur à travers son discours, sans le ramener à soi. L’écouter permet alors de découvrir ses valeurs et donc de mieux le connaître.

Le secret dans une relation de couple, selon Alison Armstrong, est de ne jamais renoncer à apprendre sur son partenaire et à découvrir qui il est.

Se moquer des hommes

La moquerie est une forme plus évidente d’émasculation. Elle n’en est pas moins rare. Partager sa vulnérabilité est sans doute l’acte le plus intime qui soit dans un couple. Laisser l’autre nous connaître sans masque est ce qui permet de créer du lien dans un couple. Et pourtant, la peur de la puissance de l’homme, et la tendance à se mettre en compétition avec lui, peuvent nous pousser à souligner tout élément de faiblesse qu’il osera laisser transparaître. C’est le meilleur moyen de réfréner son envie de nous partager son intimité. Le rire peut être une forme de complicité s’il est pratiqué avec douceur et affection. Mais si l’humour est trop brutal, à la manière dont deux hommes riraient entre eux, il sera un instrument d’émasculation. Les signes plus ou moins subtils de dédain (soupirer, souffler, lever les yeux au ciel…), entrent dans cette catégorie.

Priver les hommes de leurs besoins

Un autre moyen d’émasculation plus subtil mais tout aussi efficace à long terme, est de ne pas fournir à l’homme ce dont il a besoin, alors même que nous l’avons identifié. Rappelons que les femmes sont souvent plus douées que les hommes pour deviner les besoins des autres. Il peut s’agir de notre appréciation, notre admiration, notre participation, ou encore de sexe. Lorsque nous nous privons d’exprimer des remerciements ou des compliments sincères, nous perdons une occasion de renforcer la puissance de notre partenaire. Nous nous privons par là-même de sa motivation à répondre à nos propres besoins. Avec le temps, l’homme peut renoncer à obtenir ce dont il a besoin de sa partenaire. Il ira alors le chercher ailleurs, et s’impliquera moins dans la relation.

Cette privation est souvent une stratégie visant à punir l’homme d’un « méfait ». Il est intéressant de repérer ces instants et d’identifier le comportement qui nous a déplu. L’avons-nous encore une fois considéré comme une femme dysfonctionnelle ? Une « femme poilue », selon les mots d’Alison Armstrong ? Et s’il y avait une bonne raison justifiant son comportement ? Au lieu d’interpréter son comportement comme une offense, pouvons-nous prendre le temps de lui demander, en toute innocence, la raison de son comportement ?

Les effets de l’émasculation sur l’homme et le couple

Les comportements dits d’émasculation réduisent la puissance de l’homme, et sa motivation naturelle à répondre aux besoins des femmes. Ils peuvent également le pousser à se défendre par l’objectification. Cela revient à considérer les femmes comme des objets, plutôt que comme des personnes. Il s’agit d’une stratégie efficace pour nous défendre d’une personne qui nous a blessé ou dont nous avons peur. Ce n’est d’ailleurs pas l’apanage des hommes, et nous l’utilisons également.

Le problème est qu’aujourd’hui, les femmes émasculent souvent les hommes de manière préventive, pour les punir de les considérer comme des femmes-objets. Cela se révèle totalement contre-productif. Or, tout comme les femmes réagissent à ce qu’elles perçoivent comme des méfaits, les hommes réagissent très vite à l’attitude agressive ou affectueuse des femmes.

L’émasculation conduit donc à priver les hommes de leur puissance, ou plutôt à nous priver des bienfaits de leurs puissance. Lorsque nous comprenons ces effets, nous pouvons faire le choix d’abandonner le droit d’émasculer les hommes. Ce droit que la société nous a octroyé, au nom de “l’égalité hommes-femmes” (plus compris aujourd’hui comme un synonyme d'”identique” que comme une égalité des droits), n’apporte rien de bon ni à l’homme ni à la femme. Il nous apporte un semblant de puissance, une puissance de destruction. Mais cela est loin de la véritable puissance féminine, qui est une source de motivation et d’inspiration pour son entourage.

Exprimer la puissance féminine dans le couple

Mais alors, si l’émasculation ne nous apporte aucune puissance, et nous prive au contraire de la puissance de notre partenaire, que pouvons-nous faire pour être une source de puissance dans notre couple ?

La féminité est une source naturelle d’inspiration et de puissance pour les hommes. Il n’est pas évident de résumer la féminité en quelques mots. Toutefois, voici les composants qu’Alison Armstrong met en avant :

  • La capacité à recevoir, que nous avons décrit plus haut
  • La joie, le jeu et la sensualité
  • L’empathie, la compassion et le soin
  • La passion et la capacité à être visionnaire

Exprimer sa féminité n’est pas sans effort : cela demande de l’énergie. Ces dernières décennies, on a eu tendance à associer une femme puissante à une carrière la propulsant en haut de l’échelle sociale par la seule force de son travail acharné. Cet image s’appuie sur une vision très masculine de la puissance. Rien n’empêche une femme d’avoir ce genre de carrière. Toutefois, il faut être conscient que l’adoption de comportements typiquement masculins, comme la prise de responsabilité et la concentration sur un objet unique, lui demandera énormément d’énergie. C’est autant d’énergie qu’elle aura en moins pour nourrir sa féminité et être une source de puissance et d’inspiration pour son partenaire.

Nourrir la puissance féminine

Comment nourrir cette puissance féminine qui demande autant d’énergie ? C’est tellement simple qu’on peut avoir du mal à y croire : prendre soin de nous, tout simplement. Mais ce n’est pas si facile. Nous avons vu en effet que les femmes ont naturellement tendance à oublier leurs propres besoins pour répondre aux attentes des autres.

Le plus important est sans nul doute le repos. Dormir suffisamment et à des heures régulières est pour cela très important, en particulier pour les femmes.

Alison Armstrong recommande également d’identifier ce qui nous fait du bien. Qui aimerions-nous être ? De quoi avons-nous besoin pour cela ? Demandez-vous : Quelles sont les choses qui vous font sentir sereines ? Qu’est-ce qui vous fait vous font sentir fortes ? Que pouvez-vous faire pour vous sentir connectées à la Vie ? Il peut s’agir de nourriture, de soins corporels, d’activités créatives, de contact avec des personnes ou des environnements particuliers, etc. Identifiez-les et offrez-les vous le plus souvent possible.

Nourrir sa féminité n’est pas non plus s’enfermer dans un comportement typiquement féminin. Nous pouvons au contraire nous inspirer des attributs masculins pour rééquilibrer notre puissance. Prendre conscience de nos besoins et y répondre. Nous exprimer clairement et sans détour. Raisonner en termes d’apports aux autres, plutôt qu’en termes de critiques évitées. Nous concentrer sur ce qui est important. Nous avons vu que nous possédons tous en nous une part de féminin et de masculin. Afin de rétablir l’équilibre féminin-masculin dans notre couple, nous pouvons déjà le renforcer en nous.

Conclusion

La société a tendance à nous demander de gommer les différences hommes-femmes. Ou plutôt, de nous conformer à un idéal de comportement masculin basé sur la responsabilité et l’efficacité. Nous avons vu que ce choix peut être une source de stress pour la femme, qui la détourne de son essence féminine.

Est-ce parce que nous avons longtemps associé la féminité à la faiblesse, que nous la rejetons si violemment ? Selon Alison Armstrong, notre féminité est au contraire source de puissance, à la fois pour nous et pour les hommes qui nous entourent.

Alors, n’ayons plus peur de rayonner de joie et de puissance féminine !